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Edito Mai 2020

Chers amis,

Les sessions prévues à l’Arc en Ciel aux mois de Mai et de Juin ne pourront pas avoir lieu. Les restrictions de circulation et de rassemblement, même assouplies, ne le permettent pas. Au-delà et à partir du mois de Juillet, nous ne savons pas, pour le moment, ce qui sera possible.

Nous vous faisons deux propositions :

1 – La plupart des sessions prévues cet été risquent d’être annulées.

Nous vous proposons donc de mettre le chalet à la disposition de familles de 10 personnes souhaitant passer un moment de vacances ensemble. Cela, dans le respect des consignes de sécurité. Dites-nous si cela peut vous intéresser.

2 – La session qui était prévue à l’Ascension sur le thème de l’écologie intégrale devait être animée par Jean Noël et Marie Martine Hallet, universitaires et chercheurs en biologie, co-auteurs de « Pour un engagement écologique. Simplicité et Justice ».
Nous partageons avec vous le texte qu’ils nous ont envoyé. Une invitation à un nouveau regard sur le présent et l’avenir. 

 

Jean Claude Thomas 

 
     « Nous devions nous retrouver à l’Arc en ciel…La crise sanitaire de COVID-19 en aura décidé autrement. En tant que biologistes, nous savions qu’une telle pandémie était probable.
Les dérèglements des milieux naturels par des activités humaines de plus en plus envahissantes et l’inflation continue des échanges internationaux des biens et des personnes laissaient présager à la fois l’apparition de nouveaux pathogènes et leur dissémination planétaire. Mais nous n’avions pas imaginé les répercussions qu’une pandémie, provoquée par un virus responsable d’une maladie bénigne dans la grande majorité des cas, mais aussi très contagieux, aurait à très grande échelle sur tous les types d’activités de nos sociétés.
Cette crise a été révélatrice des grandes fragilités qui caractérisent notre mode de vie: une économie à flux tendu où la production de biens de première nécessité est souvent délocalisée, une façon de vivre qui épuise la planète tout autant que notre santé physique et spirituelle, une grande dépendance technologique dont nous avons pris l’habitude. Celle de nous déplacer librement par exemple, de voyager (sans parfois tenir compte de l’impact environnemental de nos modes de transport). Privés depuis deux mois de cette possibilité, beaucoup d’entre nous ont souffert à plus d’un titre du confinement. Mais nous avons aussi redécouvert des villes sans voitures, des ciels limpides, le silence et les chants d’oiseaux, nous avons ralenti, pris le temps, nous recentrant sur l’essentiel. Des solidarités se sont déclenchées et beaucoup d’entre nous se sont mis à réfléchir sur ce qui compte vraiment dans notre vie, sur ce qui nous rend vraiment heureux.
Et parmi ces bonheurs que nous offre la vie, il y a l’émerveillement qui nous saisit face au spectacle de la nature, au spectacle de l’univers. Or … les bouleversements que nous faisons subir à la biodiversité nous sont dommageables pas seulement parce qu’ils font disparaitre à tout jamais des organismes vivants, des écosystèmes, une richesse naturelle qui nous nourrit, mais aussi parce qu’ils retirent à notre admiration ce que la nature a mis des millions d’années à faire surgir.
A côté des raisons vitales et objectives qui nous poussent à changer de mode de vie pour sauvegarder notre environnement il y a aussi cette raison esthétique qui peut paraitre secondaire, mais qui pourtant est source de joie et participe à notre raison de vivre.
C’est sur cette dimension que le pape François attire notre attention dans son encyclique Laudato si (§11) : Si nous nous approchons de la nature et de l’environnement sans cette ouverture à l’étonnement et à l’émerveillement, si nous ne parlons plus le langage de la fraternité et de la beauté dans notre relation avec le monde, nos attitudes seront celles du dominateur, du consommateur ou du pur exploiteur de ressources, incapable de fixer des limites à ses intérêts immédiats.
En revanche, si nous nous sentons intimement unis à tout ce qui existe, la sobriété et le souci de protection jailliront spontanément… »

Marie-Martine et Jean-Noël Hallet

Le Boléro de Ravel par l’Orchestre National de France 

…En confinement
Pour voir la vidéo cliquez ici 

Avec cette pandémie, la fragilité de notre système nous explose à la figure 
Pour nous aider à décrypter le présent et à envisager l’avenir, une interview de Gaël Giraud
Pour lire l’article, cliquez ici 

Coronavirus, responsabilité et fragilité
Un article qui invite à réfléchir, il est paru dans la Revue Médicale Suisse. 

Pour lire l’article, cliquez ici 

Pour une utopie modeste
Paul Valadier

« Wir machen das ». Ce défi lancé par la chancelière allemande, Mme Merkel, au moment d’accueillir plusieurs centaines de milliers de réfugiés dans son pays, pourrait être repris au milieu de la pandémie que la population du monde entier est en train de vivre douloureusement et tragiquement. « Nous nous en tirerons ». Ce n’est pas un chant de victoire naïf, car il ne s’agit pas d’avancer, comme nombre de faux prophètes nous l’annoncent, que tout va changer, que notre civilisation s’effondre, que la mondialisation est morte, que nous allons entrer dans un monde entièrement nouveau, et autres wishful thinkings qui démontrent les angoisses ou les illusions de ceux qui les formulent imprudemment. On peut plutôt penser que les peuples sont oublieux, qu’après les jours si mauvais que nous vivons, ils voudront tourner la page, oublier cette sinistre passe, retrouver la joie de vivre et de se réjouir ensemble. Ce ne serait d’ailleurs pas nouveau dans l’histoire des hommes, et l’on peut penser aux temps de jouissance qui, sous le Directoire, ont fait suite à la Terreur révolutionnaire, et à bien d’autres épisodes passés. Or il faut sans doute rêver, se donner une utopie, mais, pour reprendre une expression d’Albert Camus, « une utopie modeste ». Modeste, car tout ne changera pas, et l’on peut souhaiter que nos responsables politiques, économiques, culturels, religieux, sauront rappeler à des peuples oublieux que des choses doivent pourtant changer à tous les niveaux de nos relations. Il leur faudra proposer des réformes ambitieuses et convaincre par des arguments, plus que par la contrainte, de la nécessité des transformations.

Mais la modestie n’abolit pas l’espérance ni l’utopie. En ce sens l’utopie n’est pas une imagination vaine ou creuse. Il suffit de constater, aujourd’hui même, l’extraordinaire dévouement de tant de personnes au service des malades ou afin de rendre encore possible un minimum de vie sociale, pour apercevoir à quel point l’humanité est capable de mobiliser des forces de courage, de ténacité, de persévérance. Ces ressources souvent cachées ou recouvertes par le train-train de vies faciles ou par les lâchetés ordinaires dont nous sommes tous capables, sont la base de nos espérances pour l’avenir : oui, les humains sont aptes à faire face, à ne pas baisser les bras, à vivre une fraternité qui, en d’autres temps, pouvait apparaître comme une formule généreuse mais creuse, bonne à figurer sur le fronton de nos mairies. Il faudra donc quand le temps sera venu, et il faut souhaiter qu’il ne tarde pas trop à venir, que de vrais responsables, des prophètes en ce sens, réveillent ou entretiennent ces énergies de vie et d’audace pour refaire des liens plus ou moins brisés, retrouver une vie économique gravement compromise, redonner force à nos systèmes politiques, continuer à faire vivre une solidarité par-delà les frontières nationales. Car, autre bonne nouvelle, nous nous redécouvrons réellement habitants de cette « maison commune » dont parle le pape François, pour le pire sans doute (pandémies), mais pour le meilleur aussi (découvertes par les scientifiques de médicaments salvateurs).

Peut-on ajouter qu’un chrétien s’autorisera à discerner dans ces énergies inattendues les traces de la force de l’Esprit qui donne vie par-delà les désespoirs, les abattements, les morts aux mille visages que nous connaissons trop bien et qui risquent de nous aveugler en nous laissant croire que l’absurde, le non-sens, la mort l’emportent. Ceux-ci reculent en effet si nous mettons notre espérance modeste, notre utopie, dans la foi en la Vie qui ne cesse de ressusciter, et tout simplement de susciter courage, inventivité, sacrifice de soi, dévouement à autrui. Utopie modeste car elle ne promet pas des lendemains enchanteurs, mais elle nous convoque à retrousser nos manches, là où nous serons et avec les (pauvres) moyens dont nous disposerons. Le Vendredi et le Samedi Saints sont suivis de l’aube de Pâques. Une séquence toujours actuelle et féconde.

La Messe du Pape en direct sur YouTube

Pour manifester sa proximité avec les malades du coronavirus, les personnes en quarantaine ou celles qui sont dans l’impossibilité de participer aux célébrations, le Pape François a accepté exceptionnellement que sa messe du matin, célébrée en privé en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, soit retransmise en direct ou en replay, comme les offices de la Semaine Sainte et des dimanches suivants.

Programme

Pour en savoir plus sur les futures sessions vous pouvez télécharger notre programme ci-dessous au format pdf